L’amour à l’étranger

On envoie un mail avec des photos. On se demande s’il faut signer. Mettre un truc perso. Objet. Informatif.

Rester informatif. Se brider. Encore. Ne pas penser à la dernière nuit, comme si la dernière nuit n’avait pas existé. C’est quoi dix jours dans une vie? Avoir envie de dire merci, de dire excuse moi, de dire encore. Savoir que ça ne sert à rien.

Est-ce que c’était vraiment intense, ou est-ce ma tête qui refait l’histoire pour que ce soit si intense? Garder un bon souvenir. Rien qu’un. Pourquoi un pique-nique dans un hôpital ça devient romantique avec toi? Moi qui n’aime tellement pas ces trucs gnangnan.

Lui demander comment il a fait ça. Ecrire une phrase, l’effacer. Et si on s’était juste menti? 10 jours de mensonges, c’est faisable. ça doit pas être bien différent de 10 jours de rêve. « Crois ce qui te fait le moins mal de croire ».

Tomber amoureuse à l’étranger, c’est d’un cliché. La Finlande, d’un exotisme.

Jdois pas être la première. Pas la dernière. Fais toi du mal, imagine le avec d’autres. Ne vas pas le rejoindre à Milan. Surtout pas. On sait jamais, ça pourrait être différent.

J’ai arrêté d’écouter notre chanson pendant quelques jours. Car ça me faisait trop penser que toi, que je n’avais pas besoin de ça. J’en étais même venue à me dire qu’elle n’était pas si bien que ça, la chanson. Et puis j’ai réécouté. Premières notes, tu prépares le petit déj. Un verre de jus d’orange pour me faire sortir de sous la couette. Tu souris en faisant une baignoire dans le beurre. Il y a plein de miettes sur la table, le thé n’a pas encore infusé et j’ai oublié pourquoi je riais. Refrain. Je suis à côté de toi sur le rebord de la fenêtre, à fumer des clopes les jambes dans le vide et les yeux dans les tiens. En plus elle est vraiment bien cette chanson.

Alors je fais des recherches sur Google pour en apprendre plus sur le chanteur, au lieu de t’écrire des mails où je ne trouverai pas les mots pour te dire que tu me manques mais que je ne veux pas que tu le saches. Que je me dis que tu m’as mentis, que c’était pour de faux, tellement des trucs comme ça, ça arriverait dans un film que je dirais « nul, ce gnangnantisme à l’eau de rose ».

Photos d’Helsinki, disait l’objet du mail. On en restera là.

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Etre amoureuse, c’est quoi déjà ?

C’est écouter en boucle toute la matinée « Talk to me » de Yodélice, car on a regardé Les petits mouchoirs. C’est passer la soirée à faire des séries d’abdos sur « Fuck you » de Archive jusqu’à la crampe au ventre, à serrer les dents en se disant qu’au moins on a mal pour quelque chose.

 

 

Partir quand même

Le mois de novembre est arrivé trop vite. Les feuilles n’ont pas eu le temps de tomber, je n’ai pas eu le temps d’aller chez le coiffeur, pas eu le temps de me réconcilier avec ceux avec qui je voulais me réconcilier, pas eu le temps d’envoyer chier ceux avec qui je ne veux plus rien, pas eu le temps (ou si peu de féliciter) les gens enceintes, les gens embauchés, les gens fiancés, les gens déménagés, pas eu le temps de prendre les bonnes décisions, pas eu le temps de dégivrer le frigo, pas eu le temps de sauvegarder deux ans de contacts emportés par mon téléphone mort, pas eu le temps de courir vers le pré des chevaux une dernière fois au milieu de la nuit pour faire un bisou derrière l’oreille de mon cheval. Pas eu le temps de lire ce livre, prêtée par une amie que je n’ai pas eu le temps d’appeler.  Pas eu le temps de dire je t’aime, pas eu le temps de dire non, pas eu le temps de pardonner, pas eu le temps de démissionner, de faire la vaisselle, de payer les impôts, pas eu le temps de faire toutes ses choses qui sont arrivées toutes en même temps, comme pour me dire « un dernier raz de marée pour te noyer ». Mais quand la fuite était planifiée, quand on a posé des congés payés 3 mois à l’avance, est-ce que c’est encore une fuite?

Vous ne verrez pas beaucoup la différence ici, vu la fréquence des mises à jour de ce blog, mais je serai donc absente pendant un mois.

D’ailleurs, je n’ai pas eu le temps de prendre le billet d’avion retour.

Couronnes mortuaires par ordre de prix croissant

Je pensais que le jour où j’écrirais un nouveau billet pour ce blog, ce serait pour un truc gai, un truc drôle. Ou pour un truc qui me ferait bien râler. Depuis 6 mois, j’ai vécu des trucs gais, des trucs drôles, et aussi plein de trucs contre lesquels j’avais envie de râler.

Mais ce soir, je me suis retrouvée sur le site d’Interflora. Rubrique deuil. Je ne pensais pas que l’évènement qui me donnerait envie d’écrire, ce serait un décès. Le décès d’une enfant.

Angie venait d’avoir 3 ans. Début septembre, elle devait rentrer à l’école. Au lieu de ça, elle est rentrée à l’hôpital. Dans deux jours, elle sera enterrée au cimetière de mon village. Un tout petit cercueil.

J’entends déjà les gens.   « Elle était handicapée. » « Elle avait déjà été tellement malade, pour une enfant ce n’était pas une vie. » « Elle aurait été un poids pour sa mère tout sa vie. » Comme si ça pouvait être mieux ainsi.

Et donc ce soir, je me suis retrouvée sur le site d’Interflora, rubrique deuil.  J’ai honte d’avoir trié par ordre de prix croissant. Entre les jaunes et les violettes, qu’est-ce qu’on choisit pour ces choses-là? Qu’est-ce qu’on écrit sur le message? ça sert à quoi les mots? ça sert à quoi les fleurs? C’était quoi sa couleur préférée? La dernière fois que je l’ai vu, elle avait des couettes, et j’essayais de la faire rire avec un bonhomme-scaphandrier en plastique, qui lui chatouillait les pieds à la recherche d’un trésor enfoui entre ses orteils… Elle ne savait pas encore marcher, pas manger toute seule, pas parler, mais elle savait rire.

Je me demande comment sa mère, mon amie, ma voisine, va survivre à ça. Ce que va devenir la petite piscine dans la cour. La photo encadrée sur le buffet. La poussette, le petit lit, le siège auto et tout le reste. Je me demande si le croque-mort lui fera des couettes.

J’ai choisi les roses blanches.

 

 

(Mon but ici n’est pas de faire pleurer dans les chaumières, désolée de plomber l’ambiance. Sa mère ne lira jamais tout ça. L’écriture de ce billet est purement égoïste,et ici c’est mon espace d’égoïsme, même si c’est une fois tous les six mois.  La prochaine fois, j’essayerai d’écrire un truc gai, un truc drôle, un truc qui me fait râler.)

Et si on arrêtait de gueuler ?

Je suis le genre de filles qui ne râlent presque jamais (comme vous aviez pu le constater sur ce blog, of course). Dernièrement, mon addiction aux séries américaines m’a permis de découvrir deux petites pépites musicales (oui, je ne parle pas que de chocolat) qui m’aident à respirer quand j’ai une subite envie d’égorger mes collègues de travail. Des trucs qui calment et qui ne font pas grossir, ça se partage ?

C’est sûr que c’est pas là-dessus qu’on va faire des abdos bien en rythme (je vous recommande plutôt un Daft Punk, n’importe lequel d’ailleurs, testé et approuvé. Ya très longtemps, je vais pas vous faire croire que je fais du sport, faut pas déconner non plus), ça donne plus envie de faire des calins fumer des clopes en regardant les toiles d’araignée au plafond.

Bon, sinon j’ai besoin d’aide : j’ai maté les 5 saisons de Six feet under, les 6 de HIMYM, les 4 de The Big bang Theory, Breaking Bad ne reprend qu’en juillet, idem pour Dexter, et là je me refais les 7 de Grey’s anatomy. A part Desperates machine, qu’est ce qu’il me reste pour occuper mes longues soirées d’hiver? (oui, c’est encore l’hiver chez moi) (et me répondez pas « trouve toi un mec, ça occupe », merci)(ça c’est pour le prochain post). (fin des parenthèses merci)

Nouvelle épidémie en vue

En cette période de joie dans les coeurs que je déteste et où je travaille juste pour éviter de cracher sur les enfants dans la rue et de maltraiter les pères Noël dans les supermarchés, je tiens à préciser que je n’ai rien contre les petits chats. Ni contre les petits chiens. Et a priori rien non plus contre les dauphins. Que par ailleurs j’aime mes amies. Et que je respecte aussi leurs convictions. Mais pitié arrêtez de m’envoyer des PPS de Noël et de bonne année !! Argh.

 

(C’est pas ma faute à moi si j’ai toujours préfèré les petits poneys. Na.)

 

PS : Edit : pour celles qui le prendraient mal, j’ai jamais dit que les petits poneys c’était mieux que les chiots. Hein. Je ne veux pas rentrer dans ce débat-là, même si franchement, yen a un qui chie des paillettes quand l’autre te bousille la moquette. Jdis ça, jdis rien. )

Pour ne pas perdre le Nord

En cadeau, voici ma publicité norvégienne préférée (faut regarder la seconde vidéo aussi pour comprendre).

(Clic clic en dessous encore sinon c’est pas drôle)

Le stylo, symbole phallique ?

– Tu te rends compte, ça fait plus de trois mois…

– Quoi???? Ça fait plus de trois mois que tu n’as pas baisé????

Euh… Oui, aussi… Mais ça fait surtout plus de trois mois que je n’ai rien écrit ici.

La page blanche, c’est comme un grand lit trop bien fait qu’on a peur de défaire. (pensée débile qu’il m’a pas fallu 3 mois pour la trouver celle-là)

Nan mais n’importe quoi Sophie, depuis quand le sexe c’est dans un lit? Bah ça marche aussi avec un mur trop blanc (et trop crépi), avec un rideau de douche pas bien fixé auquel on aurait peur de s’accrocher (Tarzan me comprendrait…) (To be continued)

Mais c’est vital ! Mais non c’est pas vital ! C’est pas un besoin primaire quand même ! Si c’était le cas il y aurait des supermarchés ! Comment ça y ‘en a??? (où ça??? Dites!!!)

Mais c’est banal ! T’es pas la seule à qui ça arrive, ça revient après. C’est comme le vélo. Bien sûr si tu n’as plus de vélo pour pratiquer, c’est moins facile. Et on en trouve d’occasion partout sur le net. Non tu veux pas essayer?

Je vais arrêter ici la comparaison sexe / écriture (surtout parce que je voulais écrire « Mais c’est anal » pour la rime, mais que ça s’applique pas à l’écriture) sans même vous dire laquelle de ces deux activités, du sexe ou de l’écriture, m’a le plus manqué (réponse facilement déductible : je me remets à écrire, et pourtant y a toujours personne dans mon lit…). Et puis d’abord j’ai pas peur des stylos. (Et même si c’était le cas, ça l’empêcherait pas d’écrire, rajoute le clavier). Comme dirait l’autre, faut (se) reprendre en main, c’est crucial !

Bref, Merci à celles et ceux qui ont remarqué mon absence, à mes amies qui m’ont engueulée parce que merde, comment je fais pour me foutre de ta gueule si tu ne me racontes pas les derniers malheurs de Sophie (ces mêmes amies qui m’engueulaient parce que « dis donc, ce que tu racontes là, ça ressemble pas un peu à ma vie, non? ») (alors que pour une fois c’était pas le cas) Merci à ceux qui n’ont rien remarqué et qui reviennent.