Quand j’avais de l’acné, j’avais une excuse

Dans mon euphorie du sautage au plafond ponctué de « Hiiiiiiiiiiiiiiiiii! » et de « Ahhhhhhhhh! » (Comprenez « Oui c’est trop génial » dit tellement vite qu’on entend plus que « Hi » et « Ah »), je te fais partager ma joie, ô toi petit lecteur (c’est surtout parce que j’ai plus de forfait pour appeler les keupines, j’avoue aussi. Et puis qu’elles sont occupées des fois, les morues…)

Donc mon fantasme est un homme que j’ai vu 5 heures. Que je pensais croiser « à tout hasard » hier ou aujourd’hui. Que j’avais pas sorti la petite robe pour lui (mais pour plaire à Mercure et le faire grimper gentiment encore un peu dans son thermomètre), mais pour faire une pierre deux coups. Dans mon souvenir, il a son écharpe autour du cou, le col de sa veste zippé au maximum. Il tire sur sa clope dans la nuit noire, et me demande de lui donner des nouvelles. Chose que je ne promets pas. Surtout pas. Mais chose que je fais 2 mois après… Ce soir quoi.

Après le fameux j’écris ou j’écris pas? (Et si t’essayais le pigeon voyageur? C’est so romantique) Et s’il ne se souvient pas de moi? (le goujat) Je mets mon prénom au début du message ou à la fin ? Ou pas du tout? (Photocopie ta carte d’identité tant que t’y es) Bises c’est pas un peu trop? (Toujours moins que « je rêve de toi nu sur un tarmac au clair de lune pour lécher la rosée à même ton corps ». Et pis ça prend moins de place pour un texto) Salut c’est quand même familier, non? (Tente « Yo Bro, ta demi-molle, tu me la montres quand? ») Rhaaaaaa!,  mon téléphone a pris le dessus, j’ai pas appuyer sur envoyer mais ya eu un court-circuit et le message est parti. Oups. C’est pas ma faute à moi. Euh.

S’ensuivent les minutes adolescentes : Et s’il est encore au boulot et que je le dérange? Mais s’il a changé de numéro? Et s’il a une mémoire de poisson rouge et qu’il se trompe de Sophie et qu’il me répond en pensant à une autre ? J’aurais dû faire référence aux yeux des vaches. Au boulot. A son écharpe. Ouais non, pas à son écharpe. A mon décolleté peut-être? Suis-je vraiment folle? Et si c’était un rêve / cauchemar et qu’en fait je n’avais pas envoyé le message et que lui était au Bangladesh (le con, avec une autre jsuis sûre!)?

Bref. J’ai toujours 27 ans. Le message est bien parti. Il m’a même répondu. Et même que j’ai re -répondu (Humm, attends ou attendra pas 5 minutes? Naannn t’as plus 12 ans! Et pis t’avais pas de téléphone à 12 ans d’abord). Et lui a encore répondu (et je trouve pas de synonymes pour « répondre » car j’en cherche pas, j’avoue). J’ai lu très vite et j’ai relu très vite. Il y avait les mots « ça m’aurait fait plaisir ». Qui d’habitude ne veulent rien dire à mes yeux. Sauf que, quand suit une question concernant mon éloignement géographique à l’instant I (ou T, comme vous voulez), je me plais à penser que ce n’était pas qu’une formule de politesse. Mais moi la fille organisée, je préfère donner signe de vie quand je suis bien loin. Moins risqué. C’est sûr que prévenir avant ça fait trop « j’ai envie de te revoir »… Alors bien sûr j’étais déjà bien loin!

Au milieu des conditionnels et des formes interrogatives, j’ai eu droit à un petit verbe à l’impératif (j’ai fait des études de lettres, ya longtemps, et c’est tout ce que j’ai retenu). « Préviens moi la prochaine fois ». Oh oui donne moi des ordres, encore encore… (Est-ce que j’étais déjà masochiste quand j’étais ado?)

Bon, qu’est ce que j’en fais de mon fantasme maintenant? C’est pas quelques malheureux textos qui vont changer quoi que ce soit. Si je le vois il aura plus son écharpe, zut! (La fille jamais contente. La fille, quoi)

Bon allez, moi, je retourne sauter au plafond toute seule! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

(Et là tu te dis « Si j’ai bien compris, elle reçoit trois pauvres textos et elle se sent plus? (tu as bien compris…) La pauvre ». Oui mais ça m’arrive pas si souvent que ça, moi.)

Ah oui et juste avant quand même d’aller sauter au plafond, rien à voir, mais je ne comprends pas pourquoi personne n’a encore osé parler de la mode trop In de cet été : l’espadrille. Qui fait un retour très remarqué, en rayures ou à pois ! (non, je n’ai acheté aucune paire, mais c’est juste parce que j’ai plus de sous, hein, pas parce que c’est moche voyons)

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